Les chrétiens évangéliques ont raison d’avoir fait ressortir l’expression de l’entretien avec Nicodème dans l’évangile de St Jean : « Tu dois naître de nouveau » comme importante et même centrale dans l’expérience spirituelle. Ils se disent « born again », nés de nouveau, re nés. Quand le Président Busch se disait « born again », les gens se gaussaient, parce que sa renaissance n’était guère frappante. Ils ont raison d’avoir mis l’expression au premier plan, mais ils ont tort de vouloir la généraliser à tout homme qui se convertit à l’évangile. Ils ont raison de croire, avec l’évangile, que le fait de renaître à nouveau soit destiné à tout croyant, mais ils ont tort d’imaginer qu’on y arrive tout facilement en adhérant à telle église et en lui versant une dîme.
Retenons donc que l’évangile nous incite à renaître de nouveau. Il y a trois naissances : la biologique, la psychologique qui nous conduit à la maturité et à la responsabilité et, enfin, la spirituelle qui est le couronnement des deux autres naissances. Le Nouveau Testament nous avertit que l’on peut être un expert en certains domaines du génie humain et encore « nul » au plan spirituel, c’est-à-dire, d’en être encore aux tout premiers balbutiements au plan spirituel. Il y a donc une grande distance, comme dit Pascal (une « distance infinie », dit-il) entre l’ordre charnel et l’ordre spirituel, qu’il appelle l’ordre de la grâce. Dans le domaine dit charnel, on peut accomplir des exploits prodigieux, être même un savant ou un technicien remarquable, très bien gagner sa vie et n’avoir pas commencé à naître de nouveau. Si bien que nous appartenons à deux ordres de réalités conjointement. Nous appartenons à cette vie qui va de la sortie du sein maternel à la mort biologique. Beaucoup de personnes pensent que la vie se réduit à cette vie-là. Certains même annoncent la parution prochaine d’un « homme augmenté », muni de prothèses palliatives, et qui pourra défier le temps. Ils croient à la science, ce qui est bien, de façon aveugle, ce qui est malheureux et calamiteux. L’homme augmenté ne sera pas renouvelé mais muni d’aides électroniques multiples qui ne lui donneront aucunement la vitalité de la jeunesse mais remédieront temporairement à la caducité de ses organes atteints de vieillissement et de sénescence. La science fait des prouesses, c’est sûr, mais elle ne défiera le temps que de quelques années en le prolongeant quelque peu. Qu’est-ce que cela face à l’éternité ? L’infime par rapport à la réparation pour toujours de toutes les atteintes du mal. Avec ces performances, nous restons dans le régime de la caducité, de la mort et de la rationalité intra-mondaine. La vie de l’Esprit nous oblige à recourir à une toute autre logique.
Le fait que tant de gens se fient à ces promesses prouve que beaucoup ne sont pas re nés à la vie de l’Esprit qui échappe, elle seule, à la limite des raisonnements. La vie de l’Esprit, on ne sait ni d’où elle vient ni où elle va, comme le vent, dit Jésus à Nicodème. Nous appartenons également à une autre vie, à la Cité de Dieu. Et celle-là n’est plus vouée à la mort. En elle, la mort est définitivement vaincue ainsi que tout ce qui a trait à la mortalité (incapacités et vieillissement). Elle est branchée sur le don de Vie qui procède du cœur de Dieu. Cette Vie que Dieu donne est impérissable.
Il faut du temps pour s’accoutumer aux vérités de la Vie non atteinte par la mort. Même si la vie actuelle nous fait souffrir, c’est à elle que nous sommes attachés et tous nos modèles de pensée sont marqués par l’érosion du temps et la perspective d’une disparition possible de toutes choses que nous aimons. Quand les gens décident de s’euthanasier, ils sont convaincus qu’ils s’en vont au néant et qu’ils ne font que précéder toutes les choses et les êtres qui sont en train de vieillir et de disparaître. Ils vivent dans un néant d’espérance et dans l’horizon d’une déliquescence généralisée.
Ceux qui adhèrent à la création nouvelle, y ont été introduits dès le baptême qui est le moment d’entrée dans la vie éternelle, et toute la vie sacramentelle de l’Eglise est là pour nous nourrir de la Vie, la vraie, celle qui n’a pas de terme. Reste une difficulté. Comment recevoir cette Vie impérissable qui nous est destinée dès ici-bas ? Il faut d’abord la contempler, et pour cela changer nos raisonnements. Ne pas dire par exemple d’une personne qui meurt d’un cancer après des années de traitement : « Sa vie est finie, la pauvre malheureuse ». Un chrétien, appartenant par filiation à la Cité céleste, ne peut plus parler comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Il doit apprendre à parler d’autre manière qu’à la manière du monde. Et alors, il lui sera donné d’entrevoir, comme cela se produisit pour les saints, la lumière bienheureuse, et il en sera ébloui et passera allègement au-dessus des malheurs et douleurs de cette vie-ci car il connaîtra la réalité de la promesse. La Vie plénière et définitive n’est pas un songe creux, encore moins, une image apaisante façonnée par l’esprit humain. Elle est la Vie de Dieu communiquée. Il faut s’habituer à ne plus penser selon le monde qui , une fois sur deux, se trompe. Il faut penser selon les perspectives de Dieu contemplées. L’Esprit nous les fait voir, comme le montre l’évangile de Saint Jean. « La vie éternelle, dit-il, nous l’avons vue et contemplée. Elle nous est apparue ». Elle apparaît dans le Visage de Jésus en qui nous voyons transparaître la Bonté rayonnante du Père. Et c’est la Vie absolue, celle qui ne peut décliner. Par la louange, il faut nous habituer à nous en abreuver à pleines goulées. Par exemple, quand un malheur arrive, ne pas entrer dans la logique du déclin, en disant : « les ennuis me collent à la peau. Que va-t-il encore m’arriver ? », mais, par l’exaltation de la vie (il faut exalter la Vie pour qu’elle existe pour moi, car, en tant que telle, elle est invisible et in appréhendable, sinon par la vue de la foi ), sauter dans la Vie plénière, présente en nous, en son inépuisable abondance, et dire : « Merci Seigneur, car, à travers cet ennui apparent, tu es capable de me donner un plus grand bien. Tu es un Dieu créateur, assez Créateur et assez grand pour tout transformer en bienfait, y compris ce qui, à nos yeux humains, semble négatif et mauvais. Oui, j’ai manqué de ne plus me rappeler que tu as vaincu la mort, toute mort. Je te remercie, Seigneur. Désormais je ne me laisserai plus piéger par la mort qui n’existe plus pour moi qui suis croyant. Evidemment, elle est vaincue, puisque la Vie s’écoule à pleins bords en moi et autour de moi ».

Exposition

juillet 18, 2012 in Actualité

Frère Ephrem anime depuis des années des retraites et entre autres celle d’icônographie .

 

 

Les photos ci dessous ont été prise lors de la retraite de début juillet .

 

 

La prière de l’iconographe :

 

« Toi, Maitre divin de tout ce qui existe, éclaire et dirige l’âme, le coeur et l’esprit de ton serviteur, conduis ses mains afin qu’il puisse représenter dignement et parfaitement ton image, celle de ta Sainte Mère et celle de tous les Saints, pour la Gloire, la joie et l’embellissement de ta Sainte Eglise ».

 

Une icône s’écrit dans le calme absolu, par travail de méditation et d’ascèse…Le symbolisme est prépondérant, tout est symbole et l’iconographe se doit d’être neutre, et empli d’humilité, il ne peut signer sa planche; il est le lien entre le monde divin et le monde terrestre. Chez les Orthodoxes, les icônes font partie intégrante de la liturgie.

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L’icône de Madelaine

 

L’icône Notre Dame de Grâce

Depuis 1451, la cathédrale de Cambrai présente à la dévotion des fidèles une image de la Vierge à l’enfant, dite Notre-Dame de Grâce. Ce petit tableau du XIVe siècle appartient au thème iconographique de la « Vierge de tendresse » dont on faisait remonter l’origine à l’évangéliste Luc. Cette attribution lui valut une renommée considérable, d’autant mieux accueillie que sa représentation correspondait à la tendance humanisante des artistes flamands du temps. Malgré les désastres révolutionnaires, l’image, préservée, continua à être l’objet d’une grande dévotion qui aboutit à son couronnement en 1894.

 

En juillet 1905, les Annales du sanctuaire de Notre-Dame de Grâce publièrent les souvenirs de Mgr Delannoy, évêque d’Aire et Dax, qui avait voulu revoir Cambrai où il avait fait ses études cléricales. Au cours d’un voyage à Rome, il avait été frappé par la multiplicité des Madones proches de celles de Cambrai, au sujet de laquelle il conta une « anecdote ». Il tenait d’un religieux qui avait montré à Bernadette de Lourdes un recueil d’images de Marie espérant qu’elle y trouverait une ressemblance avec la Vierge des apparitions. Bernadette s’était arrêtée, émue, devant une représentation de la Vierge cambrésienne en disant : « Voilà ce que je trouve de plus ressemblant ».

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La construction des icônes écrites depuis des siècles par les moines (Roublev…) repose sur des canons, le regard se veut neutre d’expression afin de permettre le passage vers le monde divin et vice versa, la taille des personnages, les couleurs, les mains, les pieds, les cheveux etc…sont codifiés et ne doivent pas laisser place à un naturalisme ou au sentimentalisme ; de même pour la perspective inversée, le point de fuite se trouve devant et non derrière, c’est une façon de montrer que Dieu vient vers l’homme.

Les icônes présentées sont peintes à la Tempera (pigment naturel et jaune d’oeuf) sur des planches de tilleul sèches de plus de deux ans et peintes sur le coeur de l’arbre. Sur le bois, un support est nécessaire : le LEVKAS (blanc de Meudon et colle de peau de lapin), un tissu est marouflé et douze couches successives sont appliquées, espacées de 12 heures.

Aucun vernis ne recouvre ces icônes (pas d’Olifa) afin de ne pas altérer les couleurs au fil du temps, elles sont nourries à l’oeuf, ce qui impose une délicatesse extrême dans leur manipulation, et ce qui en fait leur particularité. Une icône s’accroche dans le « beau coin », en hauteur pour que le regard s’élève, que l’âme se tourne vers le Créateur, durant la prière comme le veut la Tradition Orthodoxe.

 

Le choix du modèle peut se faire entre autres dans le livre « Les Saintes Icônes » écrit par Frère Ephrem.

 

Quand l’Enfant pose sa joue contre le visage de la Mère et l’enlace tendrement de sa main,

quand la Mère incline la tête et tient l’Enfant serré contre elle, on l’appelle Eleousa, car tout ici exprime la tendresse,

et nous nous souvenons de l’infinie tendresse de Dieu à notre égard qui nous valut sa venue dans la chair de son Fils bien aimé, l’Unique. La tendresse de Dieu précède tout.

Un seul rayon de cette tendresse pourrait adoucir notre cœur incapable de comprendre ce Dieu faible et petit.

 

L’icône que Jessica écrit

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon la légende Saint Luc serait le premier peintre de la Sainte Vierge Marie. Ce n’est qu’à partir du IV ème siècle et de l’avènement de Constantin que les icônes ne seront plus de simples peintures mais le lien entre l’humain et le divin, et prendront toute leurs dimensions spirituelles.

 

Une retaite où alterne enseigements téhoriques, pratiques, échange entre les participants débutants et ceux plus expérimentés , chaque retraitant réalisant son icône avec l’aide de frère Ephrem et ses 25 ans d’expérience.

Frère Ephrem enseigne

 

 

 

Saint Séraphim de Sarov

Jésus a dit à Saint Séraphim de Sarov : « Acquiers la paix intérieure et des âmes, par milliers, trouveront auprès de toi le Salut ».

L’un des joyaux de la tradition chrétienne orientale

Tout est subordonné à l’acquisition de cette Paix : l’adhésion à l’Eglise ; la vraie espérance ; l’absence des passions ; le pardon des offenses ; l’abstention du jugement de son prochain et surtout le silence intérieur. « La puissance de la prière est prodigieuse, car, plus forte que tout ce qui existe, c’est elle qui fait descendre l’Esprit-Saint » avait coutume d’expliquer le saint ermite. Il ne cessait de répéter à ses visiteurs en guise de salutation et en allant à leur rencontre avec un grand élan de ferveur: « Ma joie, Christ est ressuscité ! »
… Et cette simple parole, prononcée par lui, suffisait à changer le coeur de celui qui l’entendait et le monde entier autour de lui. Sa voix avait le timbre de celle de l’ange. Les gens accouraient de toutes parts pour écouter ses conseils. On le retrouva mort le 14 janvier 1833, à genoux contre son lit. Son Eglise orthodoxe russe le canonisa en 1903. Sa fête est le 14 janvier. Surnommé de son vivant le “Transfiguré” pour avoir connu l’illumination par l’Esprit Saint, Séraphim de Sarov demeure l’un des joyaux de la tradition chrétienne orientale.

Anne une élève déja expérimentée

 

Le Christ en gloire par Anne

L’Icône du Christ en Gloire(inspirée par la vision d’Ezéchiel et reprise par Saint Jean dans son Apocalypse), d’une extrême complexité symbolique s’accompagne « Traditionnellement » d’un certain nombre de recommandations vérifiables sur la quasi-totalité des représentations des Maîtres.

Les vêtements du Christ doivent obligatoirement être d’une seule teinte claire s’apparentant à celle de la « Transfiguration » et donc, ne doivent plus comporter les deux couleurs (alternance ou complémentaire : chaud-froid). Cet état « de Gloire ou de Majesté » se situe au-delà de ces contingences éphémères. Cette teinte doit être, soit blanche (au blanc sont associés l’éther et l’un des cinq sens : l’ouïe) avec des nuances d’ocre jaune, soit ocre jaune (le plus chaud possible) rehaussé de blanc ou d’assiste (pureté absolue). La dominante de la composition générale est évidemment le rouge et son harmonie « chaude ».

 

Un élève et le maître

 

      

Notre retraite se termine par la bénédiction des icônes .

 

Merci.

octobre 11, 2011 in Actualité

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août 3, 2011 in Actualité

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