Sur les tablettes de ton cœur est scellé le secret du plein amour.

on septembre 7, 2012 in Pensées pour mieux vivre

Heureux celui qui obtient de participer au banquet sacré afin de s’unir du fond de son cœur à celui dont toutes les bienheureuses troupes du ciel admirent constamment la beauté,

dont l’amour est blessure et la contemplation nourriture,

dont la beauté nous rassasie, dont la douceur nous enivre, dont le souvenir est une douce lumière, dont le parfum fait revivre les morts,

dont la vue dans la gloire rendra bienheureux tous les citoyens de la Jérusalem d’en-haut.

Puisque cette vue est un reflet de la lumière éternelle, un amour sans tache,

Regarde chaque jour ce miroir, ô Eglise, épouse de Jésus-Christ, pour y regarder continuellement ton visage : ainsi tu pourras t’embellir tout entière, à l’intérieur et à l’extérieur, revêtir des habits brodés, te parer des ornements et des fleurs de toutes les vertus, comme il convient à la fille et à l’épouse très chaste du souverain Roi.

Dans ce miroir resplendit la bienheureuse pauvreté, la sainte humilité, l’inexprimable charité, que tu pourras contempler, par la grâce de Dieu, comme dans un miroir parfait.

Regarde donc comment ce miroir a commencé ; la pauvreté de celui qui a été déposé dans une mangeoire, enveloppé de langes. O étonnante humilité ! O stupéfiante pauvreté ! Le Roi des anges, le Seigneur du ciel et de la terre est couché dans une mangeoire.

Au centre du miroir, considère l’humilité, ou du moins, la bienheureuse pauvreté, les labeurs et les peines innombrables qu’il a supportées pour la rédemption du genre humain. Et, à l’extrémité de ce miroir, contemple l’inexprimable charité dont il a voulu mourir sur l’arbre de la croix, et y mourir du genre de mort le plus honteux. (…) Consume-toi donc de ce feu d’amour, toujours plus fortement, ô reine, épouse du roi céleste.

Contemple aussi ses indicibles délices, ses richesses, ses honneurs sans fin ; et en soupirant, à cause du désir et de l‘ amour intenses de ton cœur, proclame : Entraîne-moi sur tes pas, courons à l’odeur de tes parfums, époux céleste. Je courrai sans m’arrêter, jusqu’à ce que tu m’introduises dans le cellier à vin, que ton bras gauche soulève ma tête, que ton bras droit m’étreigne pour mon bonheur et que tu me baises du baiser délicieux de ta bouche.

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La Bible nous dévoile, dans le livre du « Cantique des cantiques », l’unique intention de Dieu, son instant désir : s’unir à chacun, comme le bien-aimé à sa bien-aimée, comme l’embrasement de l’embrassement, comme le rassasiement du cœur, qu’elle nomme repos et feu qui brule sans consumer, dit-elle encore avec une insistance continuelle.

L’homme, à la recherche de cette union totale, se laisse prendre à ses reflets dans la vie amoureuse, ne sachant pas, la plupart du temps, qu’en Dieu, reconnu comme l’aspiration précieuse et unique de son cœur, il y trouverait la source et la clé, le repos que rien ne viendrait altérer.

Certains l’ont appelé « amour fou » tout en le sachant sagesse plus haute que toute folie.

Ils avaient découvert l’étroite voie par laquelle on entre petitement en ce qui se manifeste ensuite hautement comme largesse continument renouvelée du Don de l’eau vive et rassasiante.

Les mots humains manquent à le dire. Il suffit de prendre au mot les expressions imagées de la Bible, et c’est alors qu’ils nous entraînent en ce qu’ils disent et signifient, qui est union fervente en la communion des personnes.

Quand on parle de l’amour spirituel souvent, les esprits se disent insatisfaits et quêtent ailleurs leur satisfaction car ils estiment qu’il y manquerait quelque chose à leur contentement. C’est comme s’il ne pouvait pas leur donner jusqu’au bout ce à quoi ils aspirent de tout leur être. Et, du coup, on s’en détourne, comme d’une pâle image de ce que l’on désire vraiment. Or, c’est bien ce que l’on désire et c’est bien ce qu’il nous donne pour peu qu’on en prenne le chemin et qu’on s’y livre entièrement. Courez donc en cet heureux chemin d’accomplissement de l’amour où plus rien ne manque – qui est toujours, à son terme, cœur à cœur et pleine transparence du don réciproque.

 

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