Ecrire une icône (dernière retraite du mois de juillet)

on juillet 17, 2012 in Actualité

Frère Ephrem anime depuis des années des retraites et entre autres celle d’icônographie .

 

 

Les photos ci dessous ont été prise lors de la retraite de début juillet .

 

 

La prière de l’iconographe :

 

« Toi, Maitre divin de tout ce qui existe, éclaire et dirige l’âme, le coeur et l’esprit de ton serviteur, conduis ses mains afin qu’il puisse représenter dignement et parfaitement ton image, celle de ta Sainte Mère et celle de tous les Saints, pour la Gloire, la joie et l’embellissement de ta Sainte Eglise ».

 

Une icône s’écrit dans le calme absolu, par travail de méditation et d’ascèse…Le symbolisme est prépondérant, tout est symbole et l’iconographe se doit d’être neutre, et empli d’humilité, il ne peut signer sa planche; il est le lien entre le monde divin et le monde terrestre. Chez les Orthodoxes, les icônes font partie intégrante de la liturgie.

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L’icône de Madelaine

 

L’icône Notre Dame de Grâce

Depuis 1451, la cathédrale de Cambrai présente à la dévotion des fidèles une image de la Vierge à l’enfant, dite Notre-Dame de Grâce. Ce petit tableau du XIVe siècle appartient au thème iconographique de la « Vierge de tendresse » dont on faisait remonter l’origine à l’évangéliste Luc. Cette attribution lui valut une renommée considérable, d’autant mieux accueillie que sa représentation correspondait à la tendance humanisante des artistes flamands du temps. Malgré les désastres révolutionnaires, l’image, préservée, continua à être l’objet d’une grande dévotion qui aboutit à son couronnement en 1894.

 

En juillet 1905, les Annales du sanctuaire de Notre-Dame de Grâce publièrent les souvenirs de Mgr Delannoy, évêque d’Aire et Dax, qui avait voulu revoir Cambrai où il avait fait ses études cléricales. Au cours d’un voyage à Rome, il avait été frappé par la multiplicité des Madones proches de celles de Cambrai, au sujet de laquelle il conta une « anecdote ». Il tenait d’un religieux qui avait montré à Bernadette de Lourdes un recueil d’images de Marie espérant qu’elle y trouverait une ressemblance avec la Vierge des apparitions. Bernadette s’était arrêtée, émue, devant une représentation de la Vierge cambrésienne en disant : « Voilà ce que je trouve de plus ressemblant ».

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La construction des icônes écrites depuis des siècles par les moines (Roublev…) repose sur des canons, le regard se veut neutre d’expression afin de permettre le passage vers le monde divin et vice versa, la taille des personnages, les couleurs, les mains, les pieds, les cheveux etc…sont codifiés et ne doivent pas laisser place à un naturalisme ou au sentimentalisme ; de même pour la perspective inversée, le point de fuite se trouve devant et non derrière, c’est une façon de montrer que Dieu vient vers l’homme.

Les icônes présentées sont peintes à la Tempera (pigment naturel et jaune d’oeuf) sur des planches de tilleul sèches de plus de deux ans et peintes sur le coeur de l’arbre. Sur le bois, un support est nécessaire : le LEVKAS (blanc de Meudon et colle de peau de lapin), un tissu est marouflé et douze couches successives sont appliquées, espacées de 12 heures.

Aucun vernis ne recouvre ces icônes (pas d’Olifa) afin de ne pas altérer les couleurs au fil du temps, elles sont nourries à l’oeuf, ce qui impose une délicatesse extrême dans leur manipulation, et ce qui en fait leur particularité. Une icône s’accroche dans le « beau coin », en hauteur pour que le regard s’élève, que l’âme se tourne vers le Créateur, durant la prière comme le veut la Tradition Orthodoxe.

 

Le choix du modèle peut se faire entre autres dans le livre « Les Saintes Icônes » écrit par Frère Ephrem.

 

Quand l’Enfant pose sa joue contre le visage de la Mère et l’enlace tendrement de sa main,

quand la Mère incline la tête et tient l’Enfant serré contre elle, on l’appelle Eleousa, car tout ici exprime la tendresse,

et nous nous souvenons de l’infinie tendresse de Dieu à notre égard qui nous valut sa venue dans la chair de son Fils bien aimé, l’Unique. La tendresse de Dieu précède tout.

Un seul rayon de cette tendresse pourrait adoucir notre cœur incapable de comprendre ce Dieu faible et petit.

 

L’icône que Jessica écrit

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon la légende Saint Luc serait le premier peintre de la Sainte Vierge Marie. Ce n’est qu’à partir du IV ème siècle et de l’avènement de Constantin que les icônes ne seront plus de simples peintures mais le lien entre l’humain et le divin, et prendront toute leurs dimensions spirituelles.

 

Une retaite où alterne enseigements téhoriques, pratiques, échange entre les participants débutants et ceux plus expérimentés , chaque retraitant réalisant son icône avec l’aide de frère Ephrem et ses 25 ans d’expérience.

Frère Ephrem enseigne

 

 

 

Saint Séraphim de Sarov

Jésus a dit à Saint Séraphim de Sarov : « Acquiers la paix intérieure et des âmes, par milliers, trouveront auprès de toi le Salut ».

L’un des joyaux de la tradition chrétienne orientale

Tout est subordonné à l’acquisition de cette Paix : l’adhésion à l’Eglise ; la vraie espérance ; l’absence des passions ; le pardon des offenses ; l’abstention du jugement de son prochain et surtout le silence intérieur. « La puissance de la prière est prodigieuse, car, plus forte que tout ce qui existe, c’est elle qui fait descendre l’Esprit-Saint » avait coutume d’expliquer le saint ermite. Il ne cessait de répéter à ses visiteurs en guise de salutation et en allant à leur rencontre avec un grand élan de ferveur: « Ma joie, Christ est ressuscité ! »
… Et cette simple parole, prononcée par lui, suffisait à changer le coeur de celui qui l’entendait et le monde entier autour de lui. Sa voix avait le timbre de celle de l’ange. Les gens accouraient de toutes parts pour écouter ses conseils. On le retrouva mort le 14 janvier 1833, à genoux contre son lit. Son Eglise orthodoxe russe le canonisa en 1903. Sa fête est le 14 janvier. Surnommé de son vivant le “Transfiguré” pour avoir connu l’illumination par l’Esprit Saint, Séraphim de Sarov demeure l’un des joyaux de la tradition chrétienne orientale.

Anne une élève déja expérimentée

 

Le Christ en gloire par Anne

L’Icône du Christ en Gloire(inspirée par la vision d’Ezéchiel et reprise par Saint Jean dans son Apocalypse), d’une extrême complexité symbolique s’accompagne « Traditionnellement » d’un certain nombre de recommandations vérifiables sur la quasi-totalité des représentations des Maîtres.

Les vêtements du Christ doivent obligatoirement être d’une seule teinte claire s’apparentant à celle de la « Transfiguration » et donc, ne doivent plus comporter les deux couleurs (alternance ou complémentaire : chaud-froid). Cet état « de Gloire ou de Majesté » se situe au-delà de ces contingences éphémères. Cette teinte doit être, soit blanche (au blanc sont associés l’éther et l’un des cinq sens : l’ouïe) avec des nuances d’ocre jaune, soit ocre jaune (le plus chaud possible) rehaussé de blanc ou d’assiste (pureté absolue). La dominante de la composition générale est évidemment le rouge et son harmonie « chaude ».

 

Un élève et le maître

 

      

Notre retraite se termine par la bénédiction des icônes .

 

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